Lafarge rend ses bétons intelligents

C’est sur le chantier de la tour D2 à La Défense (Hauts-de-Seine) que Lafarge a testé en “grandeur nature” ce qu’il présente comme une nouvelle technologie de traçabilité du béton. Cette innovation n’a cependant rien de révolutionnaire puisqu’elle se base sur une technologie, la RFID, qui a plus de cinquante ans. Et de prime abord, rien ne semble très compliqué dans l’usage qui est fait de ces puces RFID. En l’occurrence, en centrale, Lafarge incorpore dans son béton autoplaçant des puces RFID, à raison d’environ 4 à 5 puces par gachée, soit environ tous les 2 m3. Comme expliqué dans ce reportage, la puce de 1,2cm de diamètre est en plastique étanche, résistant à des températures de 170°C, aux milieux basiques, aux contraintes mécaniques et au malaxage... La puce se comporte comme un agrégat du béton et ne pose aucun problème, n’altère en rien le béton.

 

Chaque puce est dotée d’un numéro unique d’identification, c’est d’ailleurs la seule donnée qu’elle contienne. Ce numéro est relevé par radio-fréquence lors de l’introduction de la puce en centrale à béton. La grande “innovation” de Lafarge est d’avoir rattaché à ce numéro des données souhaitée par le client. Ces données sont stockées sur un serveur distant pour un temps également défini par le client, généralement la durée de vie de l’ouvrage. Elles seront éventuellement utiles tout au long du chantier, la maintenance, la rénovation et la déconstruction de l’ouvrage, lorsqu’il sera nécessaire d’obtenir les informations relatives au recyclage ou à la mise en décharge des bétons. Ainsi, sur le chantier test de la Tour D2, le groupe Vinci a souhaité que ces données soient : le numéro de bon de livraison, la centrale d’origine, le nom commercial du béton, la date et l’heure de fabrication.

 

Pour lire ces informations, il suffit soit de fixer un lecteur sur la goulotte du camion toupie. Il est alors possible, à la réception du béton frais sur le chantier, de vérifier qu’il n’y a aucune erreur dans la mise en œuvre. Pour rappel, il existe différents types de bétons avec des caractéristiques bien précises et des erreurs d’aiguillage arrivent assez fréquemment et peuvent avoir avec un fort impact sur la résistance, le poids... de l’ouvrage, obligeant parfois à démolir pour reconstruire (si l’on s’en aperçoit en temps et en heure). 

 

L’autre option, montrée dans notre reportage, s’applique lorsque le béton est durçi. Elle consiste à balayer par exemple un mur à l’aide d’une antenne RFID téléscopique. Dans ce cas, la lecture s’effectue au moyen d’un lecteur portatif.

 

Ce service devait être proposé par Lafarge pour ce début d’année 2014. Mais, son lancement est pour l’heure décalé vers le mileu de l’année. L’une des raisons de ce retard est probablement liée au coût de ce service. Et à la volonté du client de payer un service dont il n’aura peut-être pas lui-même d’utilité, immédiate ou non. Sachant qu’il est logiquement indispensable de souscrire à ce service dès le démarrage d’un chantier, il semble difficile en ces temps de crise pour un constructeur ou un maître d’ouvrage de se projeter de la sorte. Pour autant, Lafarge est parfaitement dans le “juste” des smart-building avec cette innovation qui pourrait par exemple servir à établir un maillage des  structures béton réalisées au sein d’une maquette numérique...

 

Reportage réalisé par Xavier Fodor

 

+ d’infos :

 

www.lafarge.com

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Ajoutée le 06/01/14

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